Commémoration de la Journée Internationale de la Prévention des Catastrophes,(JIPC) à Kaya, le vendredi 04 Décembre 2015 . Thème :« La connaissance sauve des vies ».

lundi
21 octobre 2013
 


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L’application des prévisions saisonnières pour accroître les rendements : une expérience réussie dans la province du Zondoma

Dans le cadre du renforcement de la résilience des communautés vulnérables face aux catastrophes, le Réseau MARP-Burkina a appuyé des leaders communautaires dans le renforcement de leurs capacités en matière de prise en compte des données météorologiques dans la prévision agricole ainsi que la mise en place d’un système de récupération des eaux de pluies dans des bassins d’irrigation d’appoint. Ce renforcement de capacités dont ont bénéficiés 48 personnes de 16 villages du Zondoma, visait à améliorer la planification des activités agricoles et de disposer d’un système de réponse pour faire face à d’éventuelles poches de sécheresses qui pourraient survenir au cours de la campagne de production. Plus d’un an après cette formation, des bénéficiaires qui ont mis en pratique ces connaissances apprécient à sa juste valeur l’initiative, au regard de son impact sur leur vie ainsi que celle de la communauté toute entière. Nous sommes allés à la rencontre de Harouna Zallé de Saye et de Karim Ouédraogo de Ouétigué tous deux producteurs de la province du Zondoma et bénéficiaires de ce renforcement de capacité. Ils nous livrent ici leur témoignage.

ZALLE Harouna est un jeune producteur du village de Saye dans la province du Zondoma. A 37 déjà, il est devenu un producteur leader du village grâce à sa détermination et à sa combativité à vaincre le signe indien de la désertification par les techniques de récupération des terres : (Zaï, cordons pierreux, digues antiérosifs, etc.)
Toujours cité en exemple dans le village, il a été choisi parmi tant d’autres pour participer à la formation sur le renforcement de capacité en matière de donnée météorologiques ainsi que le système de récupération des eaux de pluies dans des bassins d’irrigation d’appoint. Bien que beaucoup de temps se soient écoulés après la formation, Harouna se rappelle encore l’essentiel de ce qui leur a été enseigné pendant ces trois jours. Il s’agit essentiellement des thèmes sur : Les prévisions saisonnières et la gestion des catastrophes liées aux risques climatiques.

Cette formation a été l’occasion pour Harouna d’ « ajouter de la terre à la terre » ; un adage bien connu dans le mieux Moaga pour dire tout simplement renforcer ses capacités. De retour dans son village, Harouna n’a pas dormi sur ses deux oreilles pour attendre que la providence lui vienne du ciel. Il s’est vite mis à la tâche en organisant successivement deux rencontres de restitution au profit des autres producteurs et productrices du village. "La rencontre de restitution a connue une forte participation de la population, nous avons enregistré une moyenne de 106 personne participants par séance". Affirme Harouna.

L’innovation majeur ici a été la mise en place d’un Comité de Sécurité Alimentaire (CSA) dans le village, qui à vu le jour 11 Novembre 2012, avec pour but de pérenniser les acquis de la formation et de mieux s’organiser pour la prévention et la gestion des catastrophes et aussi soutenir les personnes vulnérables. "Nous avons commencé cette année avec la culture du niébé et de l’arachide pour renforcer le comité".

"Avant cette formation, nous utilisons les connaissances endogènes pour prédire la saison. C’est une technique empirique qui consiste à observer les manifestations de certains phénomènes sur les arbres et à partir de là on peut prédire si c’est une « saison noire" ou si c’est une « saison blanche » ; parfois ça marche mais parfois ça ne marche pas. Mais depuis que j’ai bénéficié de cette formation sur la météo, nous combinons maintenant les deux connaissances et cela nous permet d’accroître nos rendements. Grâce à ce renforcement de capacité, j’ai une idée des quantités d’eau tombée après chaque pluie. Par exemple je peux vous dire séance tenante que la plus grande quantité d’eau tombée dans notre village la saison passée a été le celle du 1er Août 2012 avec 98 m3 d’eau. Alors que cette année nous avons enregistré la plus grande pluie le 03 Août 2013 avec 76m 3 d’eau ; ce qui nous donne une idée de la fin de la campagne. Aussi, avec cette formation et avec la dotation en pluviomètre, je communique après chaque pluie à l’ensemble de la population les quantités d’eau tombées. Ces informations météo données aux producteurs leur permettent de se préparer à un manque d’eau pour la saison et à prendre les dispositions pour limiter les dégâts" .
Un autre avantage de cette formation est qu’elle a permis aux producteurs d’avoir des connaissances pour planifier leur campagne de production 2012-2013.
"Par exemple nous avons semé plus le petit mil que le sorgho parce que au regard des prévisions météorologiques pour notre zone il était probable que la pluviométrie soit mauvaise. En plus nous avons sensibilisé les producteurs à utiliser plus les semences améliorées à cycle court, cela nous permet de minimiser les pertes et de produire mieux. D’une manière générale, c’est une manière de lutte aussi contre la faim".

Après la restitution des résultats, Harouna ne s’est pas limité là ; il a donné le bon exemple aux autres en réaménageant son bassin de réserve d’eau d’irrigation d’appoint qui est passé de 5/3 m à 10/5m ; ce qui lui a permis d’arroser une partie de son champ lorsque la poche de sècheresse est intervenue dans le mois de Septembre.
Photo bassin de réserve d’eau pour l’irrigation d’appoint dans le champ de Harouna.

Seulement, l’arbre ne doit pas cacher la forêt, malgré la volonté de ce brave producteur une partie de son champ de maïs a été détruite par la sècheresse et pour cause : "mes moyens sont limités pour pouvoir arroser tout mon champ en cas de sècheresse prolongée, car je ne dispose pas de motopompe pour amener l’eau sur une longue distance, ce qui a causé la destruction d’une partie de mon champ de maïs."

Adama Gnanou : chargé de l’information et de la communication