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15 février 2012
 


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PROJET Initiative Reverdir le Sahel

PROJET REVERDIR LE SAHEL POUR LA PROSPERITE DES POPULATIONS RURALES LOCALES AU BURKINA FASO

I. CONTEXTE ET JUSTIFICATION

Le Burkina Faso est un pays sahélien situé au cœur de l’Afrique de l’Ouest. Sa population est estimée à 13,0 millions d’habitants qui croît à un taux de 2,4% par an. Suivant les projections de l’Institut National des Statistiques et de la Démographie (INSD) cette population devrait atteindre 16 millions d’habitants en 2015.
Avec un revenu national brut par habitant d’environ 300 dollars US en 2004, le pays, considéré comme l’un des pays les plus pauvres du monde, a été classé 175ème sur 177 selon l’indice de développement humain du PNUD. L’enquête nationale sur les conditions de vie des ménages réalisés en 1998 par l’INSD a situé l‘incidence de la pauvreté à 45,3%. La dernière enquête de 2003 a mis en évidence une aggravation de l‘incidence de la pauvreté en effet elle est passée de 45,3% en 1998 à 46,4% en 2003. Ce qui signifiait concrètement que 46,4% de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté c’est à dire avec moins de 180 dollars US par an soit donc moins de 0,5 dollar US par jour.
Le fait le plus marquant est que cette pauvreté est essentiellement rurale puisque la même enquête révèle que 52,3% de la population rurale vit justement en dessous du seuil de pauvreté.
Quand on sait que 85% de la population active est employée dans l’agriculture autant dire que pour les agriculteurs Burkinabé la pauvreté est endémique. Cela est lié au fait qu’ils pratiquent une agriculture de subsistance caractérisée par une faible productivité.
Il s’agit d’une agriculture qui produit essentiellement des céréales (sorgho, mil, maïs et riz), base de l’alimentation de la majorité de la population. Les rendements sont bas et de beaucoup de régions sont chroniquement confrontées à l’insécurité alimentaire : A titre d’exemple les rendements moyens du sorgho varient entre 600 et 800 kg/ha et entre 500 à 600 kg/ha pour le mil c’est-à-dire parfois moins du 1/10ème des rendements céréaliers au niveau européen. Le système de production est dominé par de petites exploitations familiales de 3 à 6 ha en moyenne.
Cette agriculture de type extensif et minier a été développée au détriment des ressources forestières, progressivement, par le défrichement, les forêts ont été détruites à des fins de production agricole et de production du bois énergie pour une population en perpétuelle croissance. Le corollaire est que dans certaines zones comme le Plateau Central, la “capacité de charge agro démographique des terres” (CCAT), évaluée à environ 40 habitants ruraux par km2, a été largement dépassée depuis longtemps, entraînant un appauvrissement global de la population et un exode sans précédent d’une grande partie de la population à la recherche de nouvelles terres.
L’élevage est caractérisé par un cheptel numériquement important (bovins : 7 759 005 têtes ; ovins : 7 324 091 ; caprins : 10 966 197) avec aussi un système d’exploitation dominant extensif : les besoins alimentaires du cheptel sont assuré par le pâturage naturel prélevé dans les jachères et les forêts. Mêmes les forets dites classées convoitées sont quotidiennement agressées et menacées de disparition par l’élevage et l’agriculture.
La forte compétition entre agriculture et élevage autour des ressources naturelles est à l’origine de conflits fréquents entre les communautés d’agriculteurs et d’éleveurs lesquels conflits sont parfois soldés par des pertes en vies humaines.
En résumé les principales contraintes des productions agro-sylvo-pastorales sont comme suit :
1.Insuffisance de gestion des ressources naturelles.
2.Ressources naturelles fortement menacées par une dégradation accélérée ;
3.Faible productivité des systèmes de production
4.Insécurité foncière
5.Faible niveau de formation et d’organisation des producteurs ;
6.Insuffisance et mauvaise répartition spatio-temporelle des pluies
7.Faible valorisation des produits agricoles (insuffisances de transformation et de commercialisation) ;
8.Faibles niveaux des revenus des producteurs ruraux et difficultés d’accès aux intrants et aux équipements :
9.Coût élevé des intrants.

La conclusion du diagnostic de la situation est que les terres, les ressources en eau, les ressources pastorales, les ressources forestières, fauniques et halieutiques qui constituent les principales ressources naturelles sur lesquelles le Burkina Faso fonde en grande partie son développement économique et social sont menacées d’une dégradation accélérée sous les effets conjugués des facteurs climatiques et anthropiques avec pour corollaire l’induction du cercle vicieux de la pauvreté.

Face à ce problème de dégradation des ressources naturelles et de contre performances des systèmes de production l’Etat, les communautés et les partenaires techniques et financiers ont développé des initiatives multiples et multiformes. Des actions prioritaires en vue d’inverser la dégradation des ressources naturelles et améliorer les systèmes de production agricole ont été définis. Notamment :
le renforcement des capacités des acteur s
la promotion de systèmes de production qui garantissent à la fois la sécurité alimentaire, la durabilité et la pérennité des écosystèmes par une intensification raisonnée ;
la généralisation des mesures anti-érosives c’est-à-dire de conservation des eaux et du sol/agroforesterie/Défense et Restauration des Sols
la restauration de la fertilité des sols ;
Dans ce sens, le gouvernement et les différents acteurs se sont engagés et de nombreux projets ont été élaborés et exécutés notamment des projets de conservation de l’eau et des sols et des projets de reboisement. Le bilan de ces projets n’est pas toujours positif. C’est donc dire que malgré la mise en œuvre des politiques et stratégies au Burkina, force est de reconnaître que les résultats du développement agricole durable restent à ce jour mitigés. Aussi il s’est dégagé un consensus selon lequel la dégradation de l’environnement au Burkina continue sans arrêt malgré les multiples efforts des projets.

Or de récentes études sur l’évolution à long terme de l’agriculture et de l’environnement dans la partie Nord et dans le Plateau Central du Burkina ont montré des tendances positives, surtout dans les régions où la pression de population sur les ressources naturelles est forte (Reij, et al. 2005 ; Toudou et al., 2006).
En effet les résultats de ces études montrent que dans la partie Nord du Plateau Central les rendements céréaliers ont augmenté d’environ 50% depuis la fin des années 1980 sans une augmentation de la superficie cultivée, ce qui est un bon indicateur d’un processus d’intensification agricole.
On a constaté par ailleurs une remontée de la nappe phréatique dans beaucoup de villages. Malgré une augmentation de la population et du bétail et contrairement aux attentes, on a souvent trouvé arbres plus nombreux dans les champs de culture en 2002 par rapport à 1984. Ces exemples démontrent éloquemment que dans certaines régions, le processus de dégradation a été renversé et parfois même à grande échelle. Cela signifie surtout que les conclusions et discours alarmistes habituels sur la dégradation de l’environnement au Sahel en général et au Burkina en particulier devraient être corrigés.

En approfondissant l’analyse de causalité Reij et al. (2005) ont pu montrer qu’en beaucoup de situations des paysans ont protégé et géré la régénération naturelle spontanée des arbres (RNA) dans leurs champs. Les mêmes auteurs reconnaissent que sur les sols latéritiques, les techniques simples de gestion et conservation des eaux dans les parcelles telles le zai, les cordons pierreux et les demi-lunes ont un effet synergétique et catalysant de l’efficacité de la RNA rendant plus rapide et plus probant son effet sur la reconstitution de la végétation des terres.
Le reverdissement observé au niveau du Burkina Faso est encore plus important au Niger voisin où plus de 5 millions d’ha ont reverdit grâce à la pratique de la RNA par les .producteurs (Reij et al. 2005, op.cit).

La protection et la gestion des arbres produit des impacts socio-économiques qui, à terme, contribuent à une réduction de la pauvreté rurale. En effet l’augmentation du nombre d’arbres sur les champs se traduit souvent en une augmentation de la production totale (amélioration des rendements des cultures, plus grande disponibilité fourragère, ce qui permet aux paysans d’augmenter le cheptel, plus de fruits, plus de pharmacopée, mais aussi plus de bois énergie pour l’utilisation domestique ou pour la vente, etc.). Cette augmentation de la production totale se traduit dans une amélioration des revenus non monétaires (autoconsommation) et/ou dans des revenus monétaires. Ainsi Reij et al(2005) qui rapporte l’exemple du Niger a pu estimer la valeur économique du reverdissement comme suit : le reverdissement concerne au moins 5 millions ha fois en moyenne 40 arbres/ha soit 200 millions arbres. Si chaque arbre produit annuellement une valeur d’un Euro sous forme de fourrage, bois de chauffe, fruits, amélioration de la fertilité des sols, etc. (ce qui est probablement une sous-estimation), la valeur de la production annuelle de ces nouveaux arbres est de l’ordre de 200 millions Euros/an soit 130 milliards FCFA qui se retrouvent entre les mains des paysans. Cette estimation ne comprend pas encore le capital que les arbres mêmes représentent. De là on tire l’évidence que la promotion du reverdissement du Sahel n’est ni plus ni rien d’autre qu’un processus de création de capital et de richesse qui réalisé, contribuera de façon significative à la réduction de la pauvreté rurale donc à l’atteinte des OMDs et surtout OMD 1, qui vise une réduction de 50% en 2015 du nombre de personnes qui souffrent de la faim et de la pauvreté.
En réalité sur l’ensemble du Sahel Ouest Africain (Burkina, Mali ; Niger et Sénégal) des exemples de ce type sont nombreux, résultats de l’action décisive de paysans et de paysannes innovateurs ou leaders qui refusent la fatalité et qui se battent à coup d’ingéniosité et de dure labeur pour sortir de la pauvreté et de la misère. Les résultats de ces études récentes ont forgé l’idée maîtresse selon laquelle « des parties du Sahel peuvent reverdir par la RNA ».
Cette conviction partagée au niveau international par des institutions de recherches, des universités des ONGs et des partenaires au développement, a suscité la naissance d’une Alliance Internationale « Reverdir le Sahel », porteuse de l’initiative « Reverdir le Sahel ». Sans être exhaustif qu’il suffise de citer : Institut International pour l’Environnement et le Développement ; l’Observatoire du Sahara et du Sahel ; VU University Amsterdam ; Vision Mondiale Australie ; Both Ends ; ICRAF Sahel ; IED Afrique ; IUCN Sénégal ; Réseau MARP Burkina Faso ; CRESA, Université de Niamey ; Drylands Coordination Group, Near East Foundation ; ICCO ; SOS Sahel UK ; Tree Aid etc.
Au niveau national Burkina, une Alliance nationale « Reverdir le Sahel » est fondée. A l’image de l’Alliance Internationale, l’Alliance nationale RNA compte pour le moment en son sein des ONGs, et des services étatiques le Réseau MARP (coordination nationale), Tree Aid, l’Office de Développement Évangélique (ODE), Voisins Mondiaux, Diobass Écologie, Centre Écologique Albert Schweitzer (CEAS), l’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA), CIFOR, Association Recherche- Formation-Accompagnement (ARFA), Direction Régionale de l’Agriculture (DRA) du Nord, Secrétariat Permanent Conseil National pour l’Environnement et le Développement Durable (SP/CONEDD).

La mission de cette Alliance est de porter « l’Initiative Reverdir le Sahel » c’est-à-dire de promouvoir un processus de reverdissement au Sahel par la diffusion de la RNA et d’autres activités connexes synergiques ou catalysant pour réduire la pauvreté rurale et mieux s’adapter au changement climatique en s’appuyant sur des expériences réussies dans la GRN par des communautés et des individus.
Les membres de l’alliance nationale, pris individuellement, ont accumulé chacun d’importantes expériences en matière d’accompagnement des producteurs par l’appui conseil, le renforcement des capacités techniques et organisationnelles, l’annexe 3 en donne plus de détails.
En dépit de sa jeunesse l’Alliance Nationale s’est déjà doté d’un programme et a élaboré les activités suivantes :
Animation de rencontres d’échanges sur la RNA et réalisation de visites de sites d’expériences réussies de GRN.
Organisation de visites d’échanges paysannes entre des régions ;
Plaidoyer pour une prise en compte systématique d’une composante RNA dans les futurs projets de développement dans les régions et communes rurales ;
Caractérisation et capitalisation des expériences réussies pouvant servir de modèles.
Elaboration participative de projets en vue de supporter la diffusion de la RNA
L’Alliance Nationale, au regard du diagnostic plus haut décrit est convaincu que, dans le Plateau Central du Burkina, si rien n’est fait et que la tendance actuelle de forte compétition sur les ressources naturelles déjà rares se poursuivait, il se produira inéluctablement dans le moyen terme (d’ici 5 à 10 ans), une
• une crise quasi généralisée en termes de d’indisponibilité des terres fertiles pour les cultures laquelle va conduire à des conflits entre les différents groupes d’intérêts utilisateurs des ressources en terres ;
• au manque crucial de bois énergie ;
• au manque de fourrage pour mener les activités d’élevage ;
• Les conséquences immédiates seront des tensions sociales vives, des conflits de plus en plus fréquents, de plus en plus violents, prémices de situation encore plus graves.

Aussi, l’Alliance Nationale, conformément à sa mission ; dans le cadre de ses activités, s’appuyant sur les expériences notables déjà visibles accomplies par des personnes ressources et des communautés à la base, de manière participative avec les organisations de producteurs et de concert avec l’Alliance Internationale propose le présent projet « Prospérité pour les populations du Sahel au Burkina Faso Par la Régénération naturelle assistée de la végétation » comme alternative pour que les populations puissent accéder à la sécurité alimentaire et sortir de la pauvreté.

II BUT ET OBJECTIFS

2.1. BUT

L’alliance à travers ce projet veut apporter sa contribution à la lutte contre la pauvreté engagée par le gouvernement et assurer la prospérité pour les populations rurales locales au Burkina Faso

2.2. L’OBJECTIF GLOBAL

L’objectif global du projet est d’améliorer la sécurité alimentaire et les revenus des producteurs des six provinces ciblées par le Projet, notamment le Yatenga, le Seno, la Gnagna, le Zondoma, le Passoré, le Sanmatenga par une vulgarisation à grande échelle de la pratique de la Régénération Naturelle Assistée (RNA) de la végétation.

2.3. LES OBJECTIFS SPECIFIQUES

1. Sensibiliser les décideurs politiques, les responsables des services techniques, des projets et programmes étatiques, la société civile et les membres des comités villageois de développement (CVD) sur l’enjeu et les potentialités que renferme la RNA.
2. Renforcer les capacités organisationnelles des réseaux des Paysans innovateurs (P.I) et des producteurs leaders et dynamiques dans les six provinces ciblées par le projet à savoir le Yatenga, le Seno, la Gnagna, le Zondoma, le Passoré, le Sanmatenga.
3. Renforcer les capacités des Paysans Innovateurs (PI), des producteurs leaders dynamiques, des techniciens des ONGs membres de l’alliance et des techniciens des services étatiques pour une meilleure maîtrise de la RNA.
4. Démontrer et promouvoir systématiquement la pratique de la RNA dans les provinces cibles du projet (Yatenga, le Seno, la Gnagna, le Zondoma, le Passoré, le Sanmatenga).
5. Améliorer les connaissances pour augmenter les performances et la promotion de la RNA.

III. RESULTATS

Afin d’atteindre la finalité de prospérité pour les populations locales, le résultat global visé à travers ce Projet est l’amélioration de la sécurité alimentaire et des revenus des producteurs des six provinces ciblées par le Projet, notamment le Yatenga, le Seno, la Gnagna, le Zondoma, le Passoré, le Sanmatenga. Pour accomplir ce résultat global, 6 résultats spécifiques doivent être réalisés qui se définissent comme suit :

1. Résultat 1 Les décideurs politiques, les responsables des services techniques, des projets et programmes étatiques, la société civile et les membres des CVD des six provinces du Yatenga, du Seno, de la Gnagna, du Zondoma, du Passoré et du Sanmatenga ont pris conscience de l’enjeu et des potentialités de la RNA et s’engagent à soutenir la promotion de la RNA dans les zones de leur mandat respectif
2. Résultat 2. Les réseaux provinciaux des PI et les réseaux provinciaux des producteurs leaders dans les 6 provinces du Yatenga, du Seno, de la Gnagna, du Zondoma, du Passoré et du Sanmatenga. sont mieux structurés, officiellement reconnus et dynamiques
3. Résultat 3. 120 PI, 240 membres des Comités d’Action Spécifiques des villages des 6 provinces, 1080 [(120+240)x 3] producteurs dont au moins 216 (20%des producteurs) de femmes et 360 (25% des producteurs) de jeunes, 30 techniciens des ONGs membres de l’Alliance et 30 techniciens des services de l’État ont une maîtrise de la technologie RNA.
4. Résultat 4. Les 90 Comités d’Action Spécifiques (C.A.S) de 90 villages de 30 communes rurales (3villages/communes rurales) dans les 6 provinces ciblées par le projet à savoir le Yatenga, le Seno, la Gnagna, le Zondoma, le Passoré, le Sanmatenga. sont équipés en petit matériel et les producteurs, sous l’animation des C.A.S, sont motivés et engagés dans la promotion et la pratique de la RNA.
5. Résultat 5 : Les producteurs y compris des femmes et des jeunes ayant maîtrisé la technologie RNA ont réalisé au bout des 3 ans du projet au moins 90.000 ha de RNA
(soit 1000 ha de champs cultivés / village*90 villages sans tenir compte d’un effet
tache d’huile)
6. Résultat 6. Les résultats du Projet sont capitalisés, documentés et diffusés sous forme d’outils didactiques (posters, fiches techniques, brochures…), de communications ou encore de publications.

IV. LES ACTIVITES

1. Activité.1.1. Atelier de lancement des activités du projet et de plaidoyer : sur les 90 participants attendus au moins 20% seront des femmes.
2. Activité 1.2. Plaidoyer au près des décideurs (gouvernants, élus nationaux, régionaux et locaux, membres de la société civile, etc…) pour appuyer la promotion de l’ « Initiative Reverdir le Sahel » au Burkina Faso.
3. Activité.2.1. Appui à l’organisation des rencontres périodiques pour les réseaux provinciaux des PI et pour les réseaux provinciaux des producteurs leaders dans les six provinces du Yatenga, du Seno, de la Gnagna, du Zondoma, du Passoré et du Sanmatenga.
La précision c’est qu’il y aura 3 Réunions x 6provinces durant les 3ans avec 30 participants par rencontre.
4. Activité.3.1. Formation en matière de technologie RNA de 120 PI, 240 membres des Comités d’Action Spécifiques des villages des 6 provinces, 1080 [(120+240) x 3] producteurs dont au moins 216 (20%des producteurs) de femmes et 360 (25% des producteurs) de jeunes, 30 techniciens des ONGs membres de l’Alliance et 30 techniciens des services de l’État.

5. Activité.3.2. Visite d’échanges d’expérience inter pays pour les producteurs et les techniciens au Niger avec 28 participants dont au moins 6 femmes et 8 jeunes.

6. Activité 3.3. Visites d’échanges d’expérience inter paysan niveau provincial : ce sont des visites d’échanges d’expérience au profit des producteurs des 6 provinces ciblées à l’intérieur du Burkina Faso. Les producteurs de la province choisissent librement l’expérience d’une autre province qu’ils veulent visiter. Plus précisément il s’agit de 3 voyages d’échanges d’expérience au profit des producteurs (3 voyages ; 30 participants = 90 participants).
7. Activité 3.4. Visites d’échanges d’expériences intercommunales à l’intérieur de la province au niveau national (plus précisément : 2visites x 6 provinces = 12 visites).
8. 3.5. Organisation de concours inter villages et inter communes rurales pour la meilleure réalisation en matière de RNA. Le concours est organisé à l’intérieur de chaque province.
9. Activité.4.1. Appui en petit matériel pour la mise en œuvre de la RNA (machettes, pioches, scies etc.) au profit des 90 Comités d’Action Spécifiques (C.A.S) de 90 villages des 30 communes rurales (3villages/commune rurales) dans les 6 provinces ciblées et motivation des producteurs par les CAS sous l pour la promotion de la pratique de la RNA.
10. Activité 5.1. Réalisation par les producteurs de 90.000ha de RNA au bout des 3 ans du projet.
11. Activité 5.2. Appui à la réalisation par les producteurs de 1000 ha de mesures de CES/DRS complémentaires à la RNA.
12. Activité 6.1.Capitalisation, documentation et diffusion des résultats du projet sous formes d’outils didactiques (posters, fiches techniques, brochures…), de communications ou encore de publications.

V. LES GROUPES CIBLES

1. Les bénéficiaires directs du projet seront les 1080 producteurs (agriculteurs et agro pasteurs inclus) dont au moins 216 femmes et dont au moins 360 jeunes ;
2. les 240 membres des CAS,
3. 120 paysans innovateurs ou paysans leaders,
4. 60 techniciens dont 30 des ONGs et 30 des services étatiques.
5. Les décideurs politiques des 6 provinces notamment les hauts commissaires, les secrétaires généraux, les maires, des élus locaux
6. Sans oublier les hommes de la presse qui doivent assurer le relais communicationnel
7. Les étudiants des écoles de formations agricoles et environnementales
8. Les chercheurs des instituts de recherche et des universités (pour qu’ils changent le paradigme d’étude de la dégradation des ressources naturelles)..
Ce public cible sera dentifié au niveau des 6 provinces du Yatenga, du Seno, de la Gnagna, du Zondoma, du Passoré et du Sanmatenga. Au niveau commune, le public cible proviendra de 30 communes rurales et de 90 villages

VI. STRATEGIE DE MISE EN ŒUVRE DU PROJET

Le Projet est portée par l’Alliance National « Reverdir le Sahel » dont la plupart des membres sont des ONGs nanties d’expérience confirmée en accompagnement des communautés rurales de base en général et des organisations de producteurs agricoles en particulier.
Le projet est bâti sur les cas de succès déjà identifiés et caractérisés sur le sol national ou dans les pays voisins du Niger et du Mali qui serviront d’exemples et de modèles et d’écoles.
La zone d’implantation du Projet est le Plateau Central où la crise foncière est imminente et où la raréfaction des ressources naturelles est sources de fréquents conflits. Les provinces identifiés sont des provinces qui abritent des organisations de producteurs dynamiques engagés et très collaboratifs avec les ONGs et les services techniques étatiques, on y peut noter dans certains sites les populations locales en situation de dos au mur a déjà entrepris de manière éparse des initiatives de GRN, gage d’un potentiel élevé de succès du Projet. La plupart des sites ont déjà démontré des expériences positives de collaboration avec des ONGs membres de l’Alliance Nationale. Ainsi au crible des ses critères il est ressorti les 6 provinces suivantes qui seront concernées directement par les activités du Projet : le Yatenga, le Seno, la Gnagna, le Zondoma, le Passoré, le Sanmatenga. La carte ci-jointe permet de visualiser la zone d’intervention du Projet

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1. Les ONGs seront responsabilisés pour les activités du Projet dans les provinces où elles ont un minimum de tradition de partenariat. avec les populations locales. Le tableau ci-dessous présente les zones d’intervention des différents ONGs membres impliqués dans les activités du Projet.

La cheville ouvrière du Projet dans les sites sur les réseaux de Paysans innovateurs et le réseau de producteurs leaders dynamiques les Conseils villageois de Développement (CVD)et les CAS des conseils communaux des différentes communes rurales couvertes par le projet.

Outre les membres de l’Alliance déjà acquis à la cause, un partenariat sera tissé avec d’autres ONGs qui ne sont pas encore membres de l’Alliance mais qui sont très actifs au près des populations à la base.
Les organisations faîtières de producteurs dont les organisations membres sont représentées dans les zones cibles du Projet.
Les services techniques déconcentrés du Secteur du Développement Rural qui sont : le Ministère de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources Halieutiques (MAHRH) ; le Ministère de l’Environnement et du Cadre de Vie (MEC) ; le Ministère des Ressources Animales (MRA) ; une synergie sera faite avec les Projets qui promeuvent les actions de Gestion des Ressources Naturelles (GRN) notamment le Projet PDRDB dans le Passoré, le Projet PROFIL dans le Yatenga :
 Les mairies des communes rurales.
 Les communicateurs notamment la presse écrite locale en langues locales ; les radios F.M ; par lesquels les messages de plaidoyer, les messages de sensibilisation ; les messages techniques
 Le concept du genre sera appliqué dans toutes les activités avec une participation d’un quota systématique minimal de 20% de femmes (compte tenu des réalités sociologiques) et de 25% de jeunes. De plus les autorités coutumières qui gèrent en réalité les questions foncières seront fortement impliquées.
 Un comité d’experts issus des structures membres de l’alliance assurera le pilotage technique du Projet ; il se réunira régulièrement pour examiner le programme annuel du Projet les rapports techniques
 Le comité fera des sorties terrain planifiées pour suivre les réalisations du Projet sur le terrain.
Le rôle spécifique de backstopping est confié au membre spécialisé de l’Alliance qu’est l’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA).

Sur le plan politique de développement il faut noter que le Projet s’insère harmonieusement dans les différentes politiques, stratégies et programme du gouvernement du Burkina Faso. Le projet s’adosse donc sur les politiques suivantes déterminées par le gouvernement ; à mon avis cette partie sur les politiques nationales n’est pas indispensable aux banquiers.

VII.IMPACT DU PROJET

La RNA rend plus complet, plus intégré et plus performant le système de production agricole
Par le développement du couvert végétal la RNA recrée progressivement la biodiversité.
Les agriculteurs restaurent la fertilité des sols par l’élagage saisonnier rotatif de la biomasse végétale produite par les arbres sous RNA. Ainsi ils augmentent ses productions agricoles.
La biomasse produite constitue aussi des ressources fourragères améliore les performances de l’élevage. Cela permet aux agriculteurs d’avoir plus de bétail. Les animaux sont mieux contrôlés et leurs déjections sont plus facilement collectées et restituées comme fumure aux terres qui seront plus fertiles, plus productives : Les arbres, les cultures et les animaux sont donc mieux intégrés dans des systèmes de production plus complexes permettant de sécuriser la production même en année de sécheresse. De plus, la production du bois est accrue.
La RNA est une alternative d’adaptation au changement climatique

La RNA aura un impact sur les changements climatiques en effet
La biomasse foliaire élaguée des arbres régénérés au moyen de la RNA ; utilisée comme paillage, constitue un mulch qui garde plus longtemps l’humidité du sol contre le dessèchement par le vent et dans les situations de poches de sécheresse, devenues plus fréquentes de par le changement climatique, la résistance des cultures est nettement améliorée. Par ailleurs la décomposition de cette biomasse est une source d’humus fertilisant le sol augmentant la vigueur des plantes, facteur supplémentaire de résistance à la sécheresse
Les arbres et arbustes régénérés jouent une rôle de brise-vent et empêchent l’ensablement des poquets de semis d’où une amélioration de la levée des plants même en situation de vent de sable qui souvent oblige à un second

La RNA assure un important impact socio-économique

L’amélioration des productions agricoles par augmentation des rendements de cultures résultera en
une amélioration de la sécurité alimentaire au niveau des ménages,
une amélioration des revenus des producteurs par la commercialisation des excédents de produits mais aussi grâce à la diversification des activités économiques dans les exploitations agricoles comme
 l’élevage,
 la vente du bois énergie,
 du bois de service etc.

La RNA sera une solution à la crise foncière imminente dans le Plateau Central.

L’intensification que va induire la RNA permettra de réduire la pression foncière cruciale sur le Plateau Central ce qui va apaiser les tensions donc désamorcer les crises et les conflits sociaux.

V. La RNA sera une solution à la pauvreté endémique des populations rurales locales

Lorsque la RNA est appliquée dans les exploitations agricoles les systèmes de production deviennent plus diversifiés et plus productifs. La diversification permet aux exploitations de d’avoir divers produits marchands pour augmenter leur revenu. Dans ce sens par Chris et al.(2005) nous savons que le taux de rentabilité interne (TRI) de l’activité RNA peut atteindre 31%. La même source mentionne qu’une étude publiée en 2001 dans le « Developpement Policy review » a démontré qu’une augmentation de la production agricole de 10% se traduit par une réduction de la pauvreté rurale de 6% à 9%.
Or Yélémou et Taonda (2006) ont pu établir que l’effet fertilisant de la RNA à base de Piliostigma pouvait augmenter de 20 à 50% les rendements des cultures dans le Plateau Central selon la pluviosité des saisons. Cela conforte dans l’idée que la RNA renferme un potentiel élevé de résolution de la pauvreté.

D’autres effets collatéraux très bénéfiques pour le groupe spécifique des femmes méritent d’être soulignés. En effet, les femmes, à qui échoit (de par le genre) la tâche d’approvisionnement des ménages en bois de feu, bénéficient doublement : réduction des distances parcourues et réduction du temps de collecte du bois. C’est donc dire que par la diversification, la situation économique et le statut social de la femme et des jeunes en milieu rural sera nettement amélioré.

Au total, la RNA réduira la vulnérabilité des ménages pauvres. Aussi il n’est pas osé de dire que dans le moyen terme la RNA est un facteur considérable de réduction de la pauvreté, et, dans long terme, elle est une source de prospérité pour le monde rurale du sahel comme le témoignent à souhait les des paysans innovateurs pionniers désormais célèbres tel Ouedraogo Aly dans la Province du Zondoma, Zoromé dans le Yatenga, Namwaya dans le Sanmatenga et bien d’autres encore.

VIII. ANNEXES

Brève présentation des politiques, plans d’action ou stratégies pertinents du projet

Le Plan d’Action National pour l’Environnement (PANE) adopté en 1991 en tant qu’instrument de planification de toutes les actions liées à la gestion durable de l’environnement et du développement, avait déterminé le cadre général de la politique de l’environnement ;
Le Plan d’Environnement pour le Développement Durable
Le Plan d’Environnement pour le Développement Durable vise à définir des axes directeurs et des repères pour un développement durable pour tous les secteurs de développement en vue de faciliter la prise en compte des préoccupations environnementales dans les politiques de développement. Le secteur forestier fait partie intégrante de l’environnement dont le développement se fait dans le cadre du PEDD.
Les objectifs du PEDD s’inscrivent donc en droite ligne avec les objectifs de la décentralisation et visent à impliquer tous les acteurs tant au niveau central que décentralisé en développant/renforçant les compétences locales (pouvoir local de décision, capacité institutionnel et techniques d’intervention).
La politique forestière nationale, instrument de mise en œuvre du PEDD a pour objectifs de :
• traduire la place et le rôle des ressources forestières, fauniques et halieutiques dans le développement socio-économique et écologique ;
• rationaliser la gestion des ressources de ces trois sous-secteurs ;
• conférer une base conceptuelle pour l’élaboration de la législation afférente à la gestion de ces sous-secteurs ;
• constituer un outil de négociation et un outil de référence pour toutes les questions se rapportant à la gestion des ressources forestières, fauniques et halieutiques.
Pour l’atteinte des objectifs de la Politique Nationale Forestière, des programmes opérationnels ont été élaborés, ce sont :
• le programme d’action national de lutte contre la désertification (PAN/LCD) dont l’élaboration a été conduite selon une approche participative impliquant l’administration centrale et décentralisée, les populations locales (tenue d’ateliers locaux), les ONGs, les Associations et les partenaires au développement ;
• la stratégie et le plan d’action en matière de diversité biologique (SPA/DB) dont l’élaboration a été conduite selon une approche participative impliquant l’administration centrale et décentralisée, les populations locales (tenue d’ateliers locaux), les ONGs, les Associations et les partenaires au développement ;
o la stratégie nationale de mise en œuvre de la convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (SNMO/CCCC).
Stratégie de Développement Rural à l’horizon 2015
L’objectif global de la Stratégie de Développement Rural (SDR) est d’assurer une croissance soutenue du secteur rural en vue de contribuer à la lutte contre la pauvreté, au renforcement de la sécurité alimentaire et à la promotion d’un développement durable
Plus spécifiquement, le SDR poursuit six objectifs :

• Accroître les productions agricoles, pastorales, forestières, fauniques et halieutiques grâce à l’amélioration de la productivité ;
• Augmenter les revenus grâce à une diversification des activités économiques en milieu rural ;
• Renforcer la liaison production/marché ;
• Assurer une gestion durable des ressources naturelles ;
• Améliorer la situation économique et le statut social de la femme et des jeunes en milieu rural ;
• Responsabiliser les populations rurales en tant qu’acteurs de développement.
Le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté

Le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP) a été élaboré en 1999 et mis en œuvre à partir de 2000 pour une période de trois ans (2000-2002). Sur la base des résultats d’évaluation intervenue en 2003, le CSLP a été relu en 2003 et adopté en 2004. Le CSLP relu intègre des aspects de la lutte contre la pauvreté. Il s’agit notamment des politiques de gestion durable des ressources naturelles (ressources forestières, fauniques et halieutiques), considérées à la fois comme un secteur productif et un secteur de soutien à la production.

Il faut noter que toutes ces politiques et stratégies perçoivent l’importance du secteur forestier dans le développement socio-économique et placent au centre de leurs préoccupations la gestion durable des ressources forestières, fauniques et halieutiques.

ACTIVITES AN1 ; AN2 ; AN3
Activité.1.1. Atelier de lancement des activités du projet et de plaidoyer

Activité.1.2. Plaidoyer au près des décideurs pour appuyer la promotion de l’ « Initiative Reverdir le Sahel »

Activité.2.1 : Appui à l’organisation et tenues des rencontres périodiques pour les réseaux provinciaux des PI et pour les réseaux provinciaux des producteurs leaders dans les six provinces

Activité.3.1. Formation en matière de technologie RNA

Activité 3.2 Visite d’échanges d’expérience inter pays pour les producteurs et les techniciens au Niger

Activité 3.3 Visites d’échanges d’expérience inter paysan niveau provincial

Activité 3.4 Visites d’échanges d’expériences intercommunales à l’intérieur de la province au niveau national

Activité 3.5 Organisation de concours inter villages et inter communes rurales pour la meilleure réalisation en matière de RNA

Activité.4.1. Appui en petit matériel pour la mise en œuvre de la RNA

Activité 5.1. Appui à la réalisation de 1000 ha de CES/DRS complémentaires à la RNA

Activité 6.1. Capitalisation, documentation et diffusion des résultats

6.2.1 Rencontre de bilan et planification

6.2.2 Suivi opérationnel

6.1.3 Rencontres du comité de pilotage (3réunio*3ans)

7.1. Suivi Appui Accompagnement